L’atelier Journal Créatif® à domicile

Et si vous organisiez un atelier de journal créatif à votre domicile?

Conviez au minimum 4 autres personnes et pour vous l’atelier est GRATUIT !

Le journal créatif® est un merveilleux outil de développement personnel qui combine différentes façons de travailler avec l’écriture créative, le dessin, le collage et le jeu de création dans le format du journal intime. Il stimule notre créativité et convient à tous les âges car il ne nécessite aucun pré-requis. Pas besoin d’écrire sans faute ou de bien dessiner, c’est juste pour nous 🙂. On n’a pas à le montrer aux autres si on ne veut pas.

 L’atelier dure 3h, tout le matériel créatif est fourni.

Comment procéder : vous êtes l’organisatrice; invitez au minimum 4 personnes  et mettez à disposition une pièce, une salle adéquate.

L’atelier se fait en toute convivialité chez vous, selon la date et l’horaire que vous fixerez.

 Offrez à vos invités un moment ludique de partage et de créativité pour déposer au fil des pages de leur journal leurs émotions, leurs questionnements, leurs vides, leurs pleins, sans règles imposées, sans contraintes, de façon légère et ludique.

Les  tarifs:

-hote(sse) : gratuit

-convive : 40€

Un chèque de 50 euros est demandé à la réservation. Il sera encaissé en cas d’annulation 7 jours avant l’atelier.

Le tarif s’entend pour un atelier jusqu’à 30 km autour de Jonzac. Un supplément sera demandé au-delà de cette distance.

Les thèmes:

  • Atelier découverte: écriture, dessin, collage, découvrez les différentes techniques du journal créatif en vous amusant et laissez-vous surprendre par la puissance du processus créatif.
  • Créer en musique: se laisser transporter par la musique pour créer librement et sans jugement; oser expérimenter, s’amuser, juste pour le plaisir de faire.
  • Reprendre contact avec son âme d’enfant et son feu intérieur: aller à la rencontre de soi enfant, retrouver ce qui faisait briller vos yeux pour raviver la flamme de votre créativité.
  • Paysages intérieurs: s’ancrer dans ses ressentis pour aller à la rencontre de ses besoins.
  • Saluer en moi l’automne: temps d’introspection, de lâcher prise et de légèreté.
  • Saluer en moi le printemps: temps des projets, de l’énergie renaissante, du réveil.
  • Fabrication et utilisation d’encres végétales dans son journal.

Et aussi sur demande:

Ateliers ados-adultes, parents-enfants, ateliers à thème… Nous étudierons toutes vos envies!!!

Contact:

Rébecca Gontier, animatrice certifiée en Journal Créatif®

06.86.50.06.74   –  contact@boucledencre.fr

Écriture, 7 questions à poser à ses élèves

J’ai souvent des professeurs qui me demandent comment aider leurs élèves qui ont des difficultés à écrire. Comment remédier en classe à ce problème? La réponse que je leur fais est en premier lieu de questionner tous leurs élèves sur leurs ressentis concernant le geste d’écrire. C’est important selon moi de prendre ce temps d’interrogation sur « comment je me sens quand j’écris ». Cette question simple n’est que très rarement posée à celui qui écrit. J’engage le professeur à également plancher sur la question, tout comme ses élèves, le processus n’en sera que plus riche lors de la discussion finale.

Les quelques questions à poser ont pour but de faire prendre conscience à l’élève de ses ressentis quand il effectue une tâche d’écriture, de faire émerger d’éventuelles douleurs jusque-là intériorisées. Je remarque en effet que beaucoup d’élèves qui viennent me voir ne sont au départ pas conscients d’avoir mal en écrivant, ni aux doigts, ni à la main, ni au bras. Beaucoup estiment qu’écrire fait souffrir et ceci est pour eux un principe de base. Que ce soit le fait d’une tenue de crayon ou/et d’une posture inappropriées, ils souffrent depuis qu’ils ont un crayon en main, à savoir des années sans que quelqu’un leur ait jamais demandé s’ils avaient mal ni expliqué qu’écrire ne doit pas faire souffrir physiquement!

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Cette élève de 5ème à qui je demandais si elle avait mal en écrivant m’a répondu que non, pas souvent, seulement quand elle devait copier beaucoup de texte. J’ajoute qu’elle ne voyait pas trop pourquoi son père tenait tant à ce qu’elle me rencontre car pour elle son écriture ne lui posait pas de problèmes… Je lui propose de copier un petit texte de trois lignes et je la filme. Je constate combien ses doigts sont raides, leurs bouts sont rouges tant elle serre son crayon fort, son poignet est constamment sollicité. Au bout de la copie, elle jette le crayon sur la table et secoue la main d’un geste automatique… Revenir sur ces gestes non conscients en lui expliquant qu’ils sont le signe que son corps souffre en écrivant lui a permis d’entendre qu’il était préférable de réapprendre à tenir son crayon convenablement pour arrêter de souffrir inutilement. Sans cette démonstration, cette prise de conscience elle n’aurait jamais accepté d’entrer dans un réapprentissage.

Avec vos élèves, comment procéder concrètement?

1/ Prévoyez un temps de 45 minutes dans votre emploi du temps.

2/ Distribuez le petit questionnaire et suggérez aux élèves de développer leurs réponses s’ils le souhaitent.

3/ Proposez aux élèves un temps d’écriture spontanée de 3 minutes avec pour question de départ « comment je me sens quand j’écris ». L’écriture spontanée, chère à mon cœur car elle fait partie de mes outils de journal créatif, est une technique puissante et efficace qui permet d’accéder à des pensées profondes, des sensations, des impressions que nous ne laissons que rarement remonter à la surface.

La procédure: invitez les élèves à écrire sans interruption pendant 3 minutes (vous chronométrez) mais surtout en prenant leur temps, inutile d’écrire vite. Demandez-leur de laisser leur main courir sur le papier, sans se relire, sans raturer, sans faire attention à l’orthographe ou à la grammaire. Ils doivent écrire tout ce qui leur passe par la tête sur le sujet et s’ils n’ont plus rien à dire, qu’ils écrivent « je n’ai rien à dire, je bloque, c’est nul ! etc…jusqu’à la fin des 3 minutes!

Au bout de ce temps, observez discrètement ceux qui secouent la main, ceux qui se frottent les doigts, le poignet, ceux qui se massent l’épaule. C’est déjà un indice.

Demandez à chacun d’entourer 3 mots clés dans son texte et d’écrire une petite phrase de conclusion en les insérant. Proposer à ceux qui le souhaitent de partager leur phrase ou leur expérience suite à cet exercice.

4/ Reprendre le questionnaire en groupe classe et installer une discussion, laisser émerger les réponses, les avis.

5/ Pour conclure, vous pouvez expliquer qu’il est important de manifester ses difficultés d’écriture car elles peuvent impacter grandement la scolarité et que ceux qui sentent qu’ils auraient besoin d’aide dans ce domaine peuvent venir vous en parler. Le dialogue pourra s’instaurer autour de leurs réponses au questionnaire pour commencer.

Voici les questions simples qui me paraissent essentielles de poser à tout élève à partir du cycle 3 et jusqu’au lycée. La petite séance que j’ai déroulée sera bien sûr allégée pour les élèves les plus jeunes.

1. Aimes-tu écrire_2. Aimes-tu ton écriture_ 3. As-tu le temps d'écrire tes cours_4. As-tu le temps de terminer tes évaluations_5. Arrives-tu toujours à te relire_6. Les autres arri

 

Classe flexible: quels aménagements pour l’écriture manuscrite ?

Les classes flexibles sont actuellement à la mode. De nombreux enseignants réfléchissent à l’aménagement de leur salle de classe afin de mettre à la disposition des enfants des espaces de travail variés : ballons de gym, postes de travail debout, plateaux-repas servant de tablette pour écrire en étant assis par terre, caisses retournées devant des bureaux, gros coussins… la liste serait longue des différentes propositions, n’ayant pour limite que le budget disponible et la créativité des enseignants (celle-ci étant souvent bien plus grande que celui-là).

Avec ma collègue Laurence Pierson, formatrice et spécialiste en grapho-pédagogie installée à Paris, nous avons essayé de répondre aux nombreuses questions que nous posent les enseignants sur la pertinence – ou non – de ces aménagements, du point de vue de l’écriture manuscrite.

Qu’est-ce qu’une classe flexible ?

Avant toute chose, il convient de bien s’entendre sur ce qu’est une classe flexible. Il semble que la définition communément admise soit : une classe flexible est une classe qui propose différents postes de travail, avec des sièges et des supports de natures variées, et qui laisse le choix de leur poste de travail aux élèves.

Ce qui revient le plus souvent, quand on lit ou qu’on écoute les témoignages des enseignants qui se sont lancés dans l’aventure, c’est la difficulté de la gestion de la classe. Laisser les élèves choisir et déterminer eux-mêmes quel poste de travail correspond à leur besoin, c’est bien beau en théorie. Mais en pratique, on est confrontés à toutes sortes de problèmes concrets : les enfants ne savent pas forcément choisir ce qui est le meilleur pour eux, mais choisissent l’équipement qu’ils trouvent le plus joli, ou qui est valorisé par les autres. Ils cherchent à être à côté de leurs meilleurs amis. Du coup, on organise des rotations, mais ces rotations ont pour conséquence immédiate que l’enfant n’est plus sur un poste de travail qui lui convient, mais sur celui qui lui est assigné parce que c’est son tour.

Les différents postes de travail n’ont pas le même degré de confort. Les postes de travail debout, par exemple, sont très fatigants et donc ne peuvent pas être utilisés de manière trop prolongée par les élèves. Il en va de même des postes de travail assis par terre – la position en tailleur peut vite devenir très inconfortable.

Les changements de postes de travail doivent être bien organisés : sinon, ils peuvent être source de bruit et d’agitation au sein de la classe, voire de conflits entre enfants.

Finalement, Josiane Caron-Santha, ergothérapeute québécoise, suggère aux enseignants qui voudraient adopter la classe flexible de commencer avant la rentrée par faire une formation préalable sur l’évolution posturale normale de l’enfant. Ensuite, après avoir commencé la classe, elle leur suggère de mener une observation, élève par élève, durant un mois, avec un tableau permettant de vérifier l’efficacité de chaque poste de travail pour chaque élève, avant d’attribuer un ou plusieurs postes possible à chaque enfant. Il va sans dire que la flexibilité demande à l’enseignant, dans ce cas de figure, une implication extrêmement importante et une grande charge de travail. L’ergothérapeute rappelle qu’un jeune enfant n’a en aucun cas la maturité pour être capable de déterminer lui-même ce qui lui est le plus bénéfique.

Un mobilier diversifié :

Il est difficile de faire la liste de toutes les solutions proposées dans le cadre de la classe flexible, tant c’est la variété qui domine. En gros, on voit quatre types d’équipements :

  • des sièges, plus ou moins innovants, devant des tables
  • des systèmes permettant de s’installer pour écrire par terre, avec ou sans coussin ou tapis
  • des plans de travail debout
  • des fauteuils, poufs ou autres, complétés par des tablettes pour écrire

Il existe du mobilier spécialement conçu pour ce genre les classes flexibles, comme le Z-tool, qui est une sorte de tablette reliée à une assise : on stabilise la tablette en s’asseyant sur la partie basse. Cet outil est présenté sur le blog « Mais que fait la maîtresse ? »

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La caractéristique commune de tous les sièges, c’est qu’ils ne peuvent jamais être adaptés à la taille de l’enfant. A la différence d’un bureau individuel, qui peut être réglé en fonction de la taille de l’élève, on a des équipements standardisés, auquel les enfants doivent s’adapter vaille que vaille.

L’assise sur gros ballon semble intéressante, dans la mesure où elle oblige l’enfant à rechercher une posture verticale par une série de micro-aménagements de sa posture, ce qui renforce sa musculature. Mais s’asseoir sur ce type de ballon ne convient pas à tous les élèves. Selon Sonya Côté, ergothérapeute au Québec,  certains enfants sont agités en raison d’une surcharge sensorielle. Le ballon ne fera alors que leur offrir une stimulation supplémentaire qui nuira à leur attention. Ces ballons permettent aux hanches de bouger et soulagent le rachis lombaire. Mais écrire en bougeant les hanches et donc le tronc devient périlleux pour l’enfant qui va alors dépenser une énergie conséquente pour stabiliser ses appuis et optimiser la mobilité de ses doigts. Il convient donc de proposer le ballon pour des situations d’écoute, de travail en groupe mais de revenir à la chaise lorsqu’il s’agit de rédiger, de copier un texte, ou d’être en séquence d’apprentissage de l’écriture.

S’asseoir par terre semble très apprécié des enfants. Cependant, par terre, l’enfant ne peut pas adopter une posture stable et dynamique en même temps. Il n’a pas de points d’appui stable pour ses jambes, ce qui rend plus difficile la précision dans ses gestes fins : occupé à trouver une posture confortable, il dissocie moins bien les mouvements fins de ses doigts, surtout avant l’âge de 9-10 ans.

On voit d’ailleurs bien sur la vidéo présentant le Z-tool que l’enfant cherche une posture confortable, sans véritablement la trouver. Son genou droit vient en butée sur la tablette, en recherche de stabilité. Sa main gauche s’accroche, toujours pour assurer la stabilité de la posture puisque ses jambes ne peuvent pas soulager son dos. Je doute qu’il puisse écrire longtemps dans cette position sans ressentir de douleurs cervicales.

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Les plans de travail debout ont tout d’abord été proposés pour… lutter contre l’obésité des enfants. Au lieu de leur proposer des temps d’activités libres suffisants, entre autres en extérieur, et de les protéger de la surexposition aux écrans, on a imaginé de les faire rester debout durant le temps scolaire pour leur faire dépenser des calories. Les premières études ont montré que le fait d’être debout… ne nuisait pas directement aux résultats scolaires.

Il est à noter que certains enseignants utilisent les espaces de travail debout pour y envoyer temporairement un enfant agité, manifestant clairement le besoin de se dépenser physiquement. Cet usage nous semble particulièrement approprié : plutôt que d’éloigner un enfant agité de la classe, lui proposer un poste de travail debout, de manière provisoire, pourrait être une excellente solution.

Les fauteuils, poufs et autres assises molles et confortables sont très agréables pour lire. Par contre, ce genre de siège n’est pas adapté pour écrire, en particulier pour les enfants de moins de 9 ans, qui n’ont pas encore automatisé le geste graphique. Contrairement aux postures assises à terre, elles peuvent être très confortables, mais favorisent des postures en rétroversion du bassin, peu efficaces pour l’écriture et ne donnant pas aux élèves la stabilité nécessaire pour libérer leur geste graphique. De plus, les petits supports proposés – généralement des tablettes ou des petits plateaux – sont souvent trop petits pour permettre aux enfants d’installer confortablement leur cahier. En tout cas, il n’y a pas la place pour mettre à la fois un cahier et un livre, ce qui interdit de faire un exercice de manuel scolaire !

Avant 9 ans, pour installer l’écriture manuscrite et l’automatiser il faudra donc proposer à l’enfant des situations d’écriture assis sur une chaise adaptée à sa taille, ses pieds touchant le sol, ainsi qu’une table également à sa hauteur.  Toute autre posture en situation d’écriture ne devra être qu’occasionnelle.

De l’importance du tableau

Dans les propositions de classe flexible, le tableau noir semble peu utilisé. Cela pose la question du modèle qui est proposé à l’enfant, en particulier lors des activités écrites. On vient de voir que bien souvent, la tablette sur laquelle il doit écrire est trop petite pour supporter à la fois le cahier et un manuel. Où est donc le modèle ?

Si le modèle est au tableau, se pose la question de la position du poste de travail par rapport à ce tableau. En effet, on a vu de trop nombreux enfants ressentir des douleurs cervicales à cause de classes installées en îlots ou en U, qui les obligent à se tordre le cou pour lire ce qui est écrit au tableau.

On voit de nombreux problèmes optomoteurs apparaître lorsque l’élève ne peut pas, sans changer de posture, voir le texte avec son œil dominant et écrire dans une position confortable. Il n’est pas rare qu’un simple changement de place par rapport au tableau améliore spectaculairement l’écriture d’un enfant qui, tout simplement, voyait mal ce qu’il devait copier ou adoptait une posture inconfortable.

Une posture… flexible : pour écouter, pour lire ou pour écrire 

La question qui finit par se poser est celle des activités qu’un enfant fait en classe. Nous ne pouvons qu’approuver grandement toute innovation permettant aux élèves d’être plus actifs et de mieux apprendre grâce à la possibilité de bouger qui leur est offerte.

A notre sens, il faut toutefois distinguer trois postures différentes, qui n’ont pas les mêmes exigences :

  • la posture pour écouter, qui peut très bien être dans un fauteuil, sur un pouf, sur un tapis, allongé par terre…
  • la posture pour lire, qui nécessite un support confortable pour le livre, à une bonne distance des yeux, mais pas une assise particulière.
  • la posture pour écrire, qui exige des appuis stables, une table de taille suffisante, dans l’idéal inclinée, une assise ferme et la possibilité de voir le modèle sans faire d’effort.

Il semble très important que l’enseignant explicite ces différentes postures en début d’année et qu’il invite les élèves à les adopter en fonction de la tâche proposée.

Et à la maternelle ?

On parle beaucoup de la posture d’écriture à l’école élémentaire. Mais qu’en est-il durant les années d’école maternelle ? La question nous paraît cruciale car dans ces premières années d’école, la posture de l’enfant impacte grandement la qualité des manipulations dans la main.  La stabilité de la posture lui permet de mieux se concentrer sur les tâches de manipulation et moins sur ses réajustements posturaux.

Bien souvent, la classe flexible est de fait une réalité dans les écoles maternelles : il est rare que chaque enfant ait sa place attribuée, avec un bureau réglé à sa taille pour pouvoir s’installer lors des activités graphiques. La classe fonctionne par ateliers et les enfants s’asseyent en fonction de l’activité proposée.

Cela pose le problème des différences de tailles importantes entre les enfants. Il pourrait être intéressant de proposer, pour certains élèves de petite taille, des coussins pour l’assise et des repose-pieds pour qu’ils puissent adopter une posture confortable lors des activités sur feuille mais également pour toutes les tâches de manipulation.

Revenons à du bon sens : si l’on souhaite travailler en classe flexible, il faut proposer à l’enfant qui écrit un poste de travail ergonomique car l’effort musculaire déployé pour compenser le poste de travail mal ajusté s’avère épuisant.

Qu’est-ce qu’un poste de travail ergonomique ?

  • Une chaise à la bonne hauteur : les pieds de l’élève doivent toucher le sol pour assurer de bon appuis et une stabilité du tronc. Un repose-pied permet de donner un appui stable sous les pieds lorsque la chaise et/ou la table ne sont pas réglables en hauteur.
  • Une table à la bonne hauteur : pour soulager les cervicales et les yeux. Pour régler la table, il suffit de faire asseoir l’élève sur une chaise et lui faire mettre les mains aux épaules, ses coudes doivent arriver au niveau du plateau de la table.

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  • Une table légèrement inclinée (10 à 15°) qui favorise une posture redressée et un meilleur contrôle visuel pour la lecture mais aussi l’écriture. Il existe des petits pupitres à poser sur les tables. Une astuce consiste à glisser un grand classeur fermé sous le cahier pour obtenir un plan incliné

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  • Une table face au tableau.

Vous pouvez vous référer à l’article de Célia Cheynel, directement destiné aux élèves : « Je me tiens correctement« .

Conclusion

La classe flexible avec sa diversité de supports semble être vraiment intéressante à partir du collège, à l’âge où les élèves ont automatisé l’écriture manuscrite et peuvent désormais écrire dans toutes les positions. La diversité des supports et des lieux de travail n’est plus un frein éventuel à l’apprentissage de l’écriture et se révèle alors être source de motivation pour le travail scolaire. Comme dans beaucoup de domaines, la contrainte imposée à l’apprenti, celle d’être assis à une table et une chaise ajustées à sa taille pour écrire dans les classes du primaire, permettra au même apprenti de s’extraire de cette contrainte et d’écrire par la suite dans toutes les positions (ou presque !). Pour les plus jeunes, cela pose question : il faut vraiment accorder une attention particulière aux situations d’écriture dans une classe flexible de primaire et conserver des lieux dédiés à l’écriture avec du mobilier ajustable à la taille de chacun. La même question se pose dans n’importe quel type de classe d’ailleurs !

Pour conclure, nous voudrions vous conseiller la lecture de l’excellent article d’Eloïse Bachmann et Gisèle Corminboeuf, ergothérapeutes au Centre lausannois d’ergothérapie, qui rappelle que la posture est un facteur essentiel qui structure et organise le développement des prérequis sentori-moteurs afin d’obtenir une écriture fluide et de qualité. En effet, une posture assise stable et dynamique donne accès aux conditions nécessaires pour une organisation motrice performante face aux activités de motricité fine, visu-motrices et au graphisme.

article d’E. Bachmann et G. Corminboeuf

« J’avais honte d’écrire devant mes élèves », témoignage d’un professeur des écoles.

Emmanuel est un jeune professeur des écoles qui souffrait de douleurs en écrivant et qui n’osait pas écrire devant ses élèves tant il jugeait son écriture « laide ». Retour sur une rééducation de deux moi et demi menée tambour battant.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à entreprendre une rééducation de l’écriture?

Quand j’écrivais, j’avais très mal à la main, au poignet et au bras. J’écrivais très lentement et très mal. Quand je voulais bien écrire, c’était très lent et quand j’écrivais plus vite ça devenait illisible pour moi et les autres.

Depuis quand aviez-vous ces problèmes d’écriture?

Depuis toujours. A l’école, chez les bonnes sœurs, on me tapait sur les doigts car je ne tenais pas bien mon porte-plume (et oui, j’ai appris à écrire avec ça!). Aujourd’hui, j’aimerais bien leur dire ce que j’en pense de cette façon de faire… Toute ma scolarité, sur mes cahiers d’écolier on m’écrivait « travail cochon, brouillon ».

Est-ce que votre écriture vous a gêné pour la poursuite de vos études?

Oui car je n’étais pas capable de prendre les cours en entier et de façon lisible à la fac. J’étais sans cesse obligé de demander à mes camarades leurs cours.

Comment jugiez-vous votre écriture avant de venir me voir?

Monstrueuse, laide, pas des qualificatifs très heureux tout ça! Au point que je faisais tout pour éviter d’écrire des commentaires dans les cahiers de mes élèves. J’avais honte de mon écriture, honte d’écrire mal alors que j’étais censé être un modèle pour eux. Pour écrire bien, il me fallait beaucoup de temps et d’énergie. Vous imaginez, avec 25 cahiers à corriger chaque jour…Ça me causait beaucoup de stress à chaque fois et je contournais le problème en ne laissant que des commentaires a minima.

Parlez-moi de la rééducation.

Au départ, j’étais tellement motivé que je n’ai pas réfléchi, il fallait que je fasse tout l’entraînement que vous me proposiez sans conteste. Dans la mesure du possible, j’ai essayé d’être assidu et de me tenir à la régularité que vous exigiez. Et puis à l’école, je me suis dit que je devais me lancer et oser écrire de plus en plus. Et plus j’osais, mieux ça allait. J’ai peu à peu osé écrire des commentaires dans les cahiers des élèves et la semaine dernière, j’ai corrigé et commenté leurs évaluations sans souci. J’étais content de moi, un peu moins de leurs résultats…

Avez-vous changé de regard sur ceux de vos élèves qui écrivent mal?

Au départ, m’estimant être une catastrophe en matière d’écriture, je ne pouvais pas être trop exigeant avec eux sur ce point! Mais réapprendre à écrire m’a permis de relativiser beaucoup de choses car je me suis retrouvé dans la posture de l’élève. Aujourd’hui, j’essaie de faire plus de commentaires positifs qu’avant, j’ai compris des choses et j’ai pris de la distance par rapport au jugement qu’on peut avoir sur un élève qui écrit mal. Et puis, j’ai remarqué que la moitié de la classe ne tenait pas son stylo correctement alors j’essaie de reprendre ça avec eux. Désormais je me sens capable d’expliquer comment on doit faire. Quand j’ai eu mon concours de professeur des écoles, j’angoissais à l’idée d’avoir des CP ou des CE1 car je me sentais incapable de leur apprendre à écrire n’étant moi-même pas un modèle. Désormais, j’angoisserais pour beaucoup d’autres choses mais pas pour l’écriture (rires), je saurais comment faire et j’en suis très soulagé.

 

 

L’autre main

J’ai toujours été intéressée par mon autre main, ma main non dominante, ma main droite. Adolescente, je m’amusais à écrire des deux mains en même temps, en miroir, également de mon autre main pour tenter de l’apprivoiser et j’éprouvais une certaine fierté à me sentir capable de jongler d’une main à l’autre sans trop de dommages.

C’est en réapprenant à écrire à mes élèves que l’autre main a ressurgi dans ma vie. Je me suis retrouvée confrontée à un certain nombre de personnes à qui on avait interdit d’écrire de la main gauche à l’école primaire. Cette pratique qui semble d’un autre âge avait persisté dans certaines écoles de la campagne environnante à en croire certains de mes élèves. Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir une jeune fille de 16 ans m’expliquer qu’en cour de CP, il y a donc une dizaine d’années, sa maîtresse lui attachait la main gauche dans le dos pour l’obliger à écrire de la main droite. A écouter son témoignage encore plein d’émotion, je fus parcourue d’un grand frisson. Sarah en fait encore des cauchemars la nuit tant cela l’a traumatisée. Elle vient en séance pour réapprendre à écrire de la main gauche car elle souhaite ré apprivoiser celle qu’elle avait choisie pour écrire quand elle était petite.

Que dire de Christophe également, cinquante ans passés qui a développé une crampe de l’écrivain dans ses années d’université. En le questionnant sur l’origine de sa pathologie, il s’est interrogé sur sa possible latéralité contrariée. Un jour, il est revenu en séance en m’expliquant qu’il était allé questionner sa mère pour savoir si petit on ne l’avait pas obligé à écrire de la main droite. Celle-ci lui a répondu oui en pleurant. Un voile venait de se lever pour Jacques… Lorsque je lui ai proposé de faire travailler ses deux mains, il m’a avoué que c’est tout ce qu’il attendait sans oser le verbaliser. Au bout de deux séances, Jacques m’a dit vouloir écrire uniquement de sa main gauche, celle qui ne le faisait pas souffrir, celle qu’il voulait ré apprivoiser.

Enfin, je voudrais évoquer le témoignage de Julie. Elle venait à un de mes ateliers de Journal Créatif; à la suite d’un exercice où je propose d’utiliser la main non dominante, elle m’a expliqué s’être sentie redevenue une petite fille à la maternelle avant qu’on ne l’oblige à écrire de l’autre main, la main droite; elle m’en a parlé les yeux pleins d’émotions, elle venait de vivre comme un moment de retrouvailles avec une partie d’elle-même.

J’ai d’autres témoignages d’adultes, d’adolescents contrariés dans leur latéralité et ayant le sentiment d’avoir quelque chose à rattraper à ce niveau.

J’ai tenté de comprendre pourquoi les hommes ont adopté majoritairement la main droite à travers les âges. C’est une question passionnante qui intéresse les préhistoriens, les ethnologues, les sociologues et les anthropologues.

Des gauchers partout!

Il semblerait que les gauchers existent naturellement partout. Pourtant, les droitiers sont toujours plus nombreux dans toutes les populations étudiées. Les chercheurs n’ont trouvé aucune population humaine ayant une majorité de gauchers : les taux les plus élevés de gauchers connus à ce jour sont chez les Eipo en Papouasie-Nouvelle Guinée (près de 27 % estimé) et chez les Yanomamö au Venezuela (près de 23 %) alors que la proportion moyenne dans le monde est de 10% de gauchers.

La question pour les préhistoriens est : quand, comment, et pourquoi cette tendance droitière est-elle apparue dans la lignée des humains ?

L’hypothèse de la complexité des tâches:

Les préhistoriens ont étudié les conditions qui auraient pu favoriser l’évolution d’une plus forte latéralité  chez les humains depuis la nuit des temps. Pourquoi se sont-ils mis à utiliser plus une main que l’autre? Ainsi, il est reconnu que plus les tâches à effectuer sont devenues plus complexes, nouvelles, plus précises et/ou bimanuelles, plus les hommes se sont plus fortement latéralisés (par exemple, fabriquer des outils en pierre).  Mais cependant, cette hypothèse ne répond pas à la deuxième question : pourquoi y-a-t’il une majorité de droitiers  pour toute l’espèce humaine?

 L’hypothèse de l’apprentissage des gestes:

Pour répondre à cette deuxième question, il faut comprendre les conditions qui favorisent une latéralité homogène parmi un groupe d’individus. Les chercheurs manquent de données sur le sujet mais font quelques hypothèses: l’apprentissage d’une activité manuelle est plus efficace quand l’élève et l’enseignant utilisent la même main. Les bébés préfèrent adopter la latéralité du démonstrateur après quelques minutes de pratique.  Il semble que les activités plus précises et compliquées pratiquées par les humains incitent à une tendance latéralisée de groupe.

L’hypothèse du combat:

Une troisième hypothèse concerne le fait qu’il existe toujours une minorité de gauchers parmi tous les humains, qui reste constante dans l’espace et dans le temps. Selon cette hypothèse,les gauchers auraient un avantage sélectif d’être une minorité parmi une majorité de droitiers. Le combat manuel, entre hommes ou contre des animaux, serait une force puissante qui aurait maintenu une minorité d’hommes gauchers lorsque la majorité a évolué vers une espèce droitière. De nos jours, cet avantage se manifeste dans le sport par exemple: au tennis, en escrime, les gauchers   peuvent battre les droitiers à cause de l’effet-surprise, qui provient simplement du fait que la plupart des partenaires contre qui ils jouent sont droitiers, et donc ont moins d’expérience contre les gauchers.

Écrire avec l’autre main: quels bienfaits!

L’approche de Lucia Capachione m’a tout de suite intriguée: art thérapeute, elle enseigne à ses clients d’utiliser les deux mains pour écrire afin d’exprimer une part d’eux-même jusqu’alors oppressée.

« Avec une grande simplicité l’autre main parle au nom du côté soumis, faible, impuissant de la personnalité. Ce « partenaire silencieux » libère alors les émotions et les désirs qui ont été rangés dans l’inconscient. Vous devez bien vous demander pourquoi c’est ainsi. La main non dominante est généralement considérée comme la mauvaise pour écrire, donc c’est la main parfaite pour exprimer tout ce qui en nous a été jugé comme mauvais. Écrire avec la main non dominante amène un sentiment de maladresse. C’est la main non éduquée. Parce qu’elle n’a pas appris à écrire, son écriture ressemble à celle d’un enfant: lente, gênante, malhabile, sale. »

Lucia Capachione, Le pouvoir de votre autre main.

Elle a remarqué que notre main non dominante permet d’accéder à un potentiel du cerveau non exprimé par la main dominante. En tant qu’art thérapeute, Lucia Capachione a développé des exercices d’écriture et de dessin pour laisser s’exprimer notre Enfant Intérieur (concept développé dans l’analyse transactionnelle) et ainsi débloquer notre créativité, améliorer nos rapports avec les autres, communiquer avec notre moi profond et accéder à notre sagesse intérieure.

J’ai proposé à Tatiana venue en séance pour soulager une crampe de l’écrivain de colorier de sa main non dominante et d’écrire ce qui lui passait par la tête avec celle-ci en plus des habituels exercices de rééducation.  Tatiana était d’origine hongroise mais vivait en France depuis près de vingt ans. Ayant suivi mes conseils, elle m’a rapporté ses coloriages et ses écrits: elle avait choisi des coloriages sur le thème de dessins animés de Disney; comme j’étais surprise de ce choix, elle m’expliqua qu’elle avait eu envie de colorier des dessins animés de son enfance sans trop savoir pourquoi. Puis, la surprise fut plus grande encore lorsqu’elle me fit lire ses écrits: impossible de les comprendre, ils étaient en hongrois! Elle s’était aperçue qu’en écrivant de son autre main c’est la langue hongroise qui avait spontanément refait surface; elle écrivait sur des souvenirs d’enfance et les larmes coulaient. Comme je m’inquiétais de l’effet produit, Tatiana m’a rassurée en me disant qu’utiliser son autre main lui faisait du bien même si les émotions la submergeaient parfois. J’ai été bouleversée par cette expérience.

Anne-Marie Jobin, à l’origine de la méthode du Journal Créatif ®, s’est appuyée sur le travail de Lucia Capachione pour imaginer des exercices de dessin et d’écriture avec la main non dominante. J’adore les proposer dans mes ateliers de Journal Créatif®, je vois immédiatement l’effet sur le visage des participants: de la surprise, de la gêne parfois, et très souvent un sourire. Je les regarde faire, tous ont le visage qui s’anime: tantôt de grimaces (langue sortie, rictus enfantins), tantôt d’un large sourire. Ils sont nombreux à ressentir les mêmes sensations: l’impression de retourner en enfance, d’être plus libre, de s’alléger du poids des convenances, de jouer, de découvrir.  Parfois justement, ces sensations sont trop fortes pour les personnes qui ne supportent pas de lâcher prise, de perdre le contrôle. Moi-même j’utilise souvent ma main non dominante pour m’exprimer dans mon journal créatif et libérer ma créativité et je suis convaincue de son pouvoir bienfaisant.

 

A vos stylos!

Chaque matin, sur une page blanche, entamez un court dialogue entre vos deux mains. Avec un stylo d’une couleur dans votre main dominante, questionnez votre autre main: »qu’as-tu à me dire aujourd’hui? »; répondez de votre main non dominante en écrivant d’une autre couleur et en laissant venir les mots sans trop réfléchir. Vous serez sans doute surpris de lire ce que cette compagne discrète a à vous dire 😉

Et pour terminer, je ne résiste pas au plaisir de mettre en lumière ce beau plaidoyer de Benjamin Franklin, gaucher,  pour la main gauche.

PÉTITION ADRESSÉE A TOUS CEUX QUI ONT DES ENFANTS A ÉLEVER.

« Je prends la liberté de m’adresser a tous les amis de la jeunesse et de les conjurer de diriger leurs regards compatissants sur mon malheureux sort, afin qu’on veuille bien faire justice du préjugé dont je suis la victime.

« Nous sommes deux sœurs jumelles dans notre famille, et les deux yeux de la tête ne se ressemblent pas plus que nous. Ma sœur et moi nous nous accorderions parfaitement ensemble, sans la partialité de nos parents qui font entre nous deux les distinctions les plus humiliantes. Depuis mon enfance, on m’a appris à regarder ma sœur comme si elle était d’un rang plus élevé; on m’a laissée grandir sans-me donner la moindre instruction, pendant que rien n’a été négligé pour son éducation ; des maîtres lui ont enseigné l’écriture, le dessin, la musique et d’autres, mais si, par hasard, je laissais tomber un crayon, une plume ou une aiguille, j’étais sévèrement réprimandée, et plus d’une fois j’ai été battue pour être gauche et pour manquer de grâces. Il est vrai que ma sœur m’associe à elle dans certaines occasions; mais elle prétend toujours la supériorité, ne m’appelant que lorsque je lui suis nécessaire, ou seulement pour figurer à côté d’elle.

« Ne croyez pas cependant, messieurs et mesdames, que mes plaintes soient dictées uniquement par un motif de vanité; non, mon inquiétude a une base plus sérieuse: c’est la coutume dans notre famille que tout le travail pour se procurer la nourriture repose sur ma sœur et sur moi (et, je le dis en confidence à cette occasion, elle est sujette à la goutte, au rhumatisme, à la crampe et à plusieurs autres accidents); alors que deviendra notre pauvre famille ? Les regrets de nos parents ne seront-ils pas très grands, d’avoir établi une telle différence entre deux sœurs qui se ressemblent tant ! Hélas ! nous périrons de misère, car il ne sera pas même en mon pouvoir de griffonner une humble supplication pour obtenir des secours, étant obligée d’employer la main d’un autre pour vous faire part de mes chagrins. ».

« Veuillez, messieurs et mesdames, contribuer à rendre mes parents sensibles à l’injustice d’une tendresse exclusive et à la nécessité de distribuer leurs soins et leur affection à tous leurs  enfants également.

« Je suis, avec un profond respect, messieurs et mesdames, votre obéissante servante.

« La main gauche. »

Benjamin Franklin, 1787(?)

 

Témoignage de Jeanne, 3ème

Jeanne est une collégienne de 3ème très appliquée et soucieuse d’avoir une belle écriture. Lorsqu’elle est venue me voir à la rentrée de septembre 2017, son écriture était d’ailleurs agréable à lire. Quel était le problème alors?

Jeanne, rappelle-moi pourquoi tu es venue me voir il y a à peine deux mois.

Parce que je n’écrivais pas assez vite ; comme je suis en 3ème, il fallait que j’écrive plus vite. Pour pouvoir prendre les cours et être à la même vitesse  que les autres et ne pas passer du temps à recopier les cours que je n’avais pas eu le temps de prendre chez moi en rentrant . (Au petit test de vitesse d’écriture en 1ère séance, Jeanne a écrit à la vitesse d’une élève de cm1…)

Ça t’arrivait souvent de devoir recopier des cours chez toi ?

Oui. A peu près deux cours chaque jour. Des fois ça ne prenait que dix minutes mais des fois c’était plus long. Je recopiais aussi pendant les heures d’étude en utilisant les cours de mes camarades.

Tout ceci te prenait donc énormément de temps et d’énergie, essayer de tenir le rythme de copie et puis de continuer à copier les cours manquants le soir à la maison…

Oui…

Et pour les devoirs sur table ?

Là j’avais le temps de finir mes évaluations.

Quels conseils t’ont aidée à écrire plus vite au cours de la rééducation ?

Quand vous m’avez expliqué comment pencher mes cahiers et aussi de ne pas me contracter au niveau de la main. Dès que vous me l’avez dit, j’ai penché mes cahiers en cours et j’ai moins été crispée sur mon stylo. Le fait d’en prendre conscience m’a beaucoup aidée.

Ce sont des conseils qui t’ont paru évidents ?

Oui, c’est ce qui m’a libérée. Ma main était plus détendue et moi aussi donc (sourire) parce que j’ai tout de suite remarqué que j’écrivais plus vite  installée comme ça (feuille penchée).

Oui, tu écrivais le poignet cassé, la main sur la ligne d’écriture et la feuille bien droite devant toi…Le cocktail parfait pour ralentir l’écriture!

Oui.

Quand je t’ai vue à la 1ere séance, on a parlé du fait que tu tenais beaucoup à « bien écrire », c’est-à-dire avec application. Je t’avais expliqué que lorsqu’on prend des notes de cours, on écrit pour soi ; il est inutile de s’appliquer à l’extrême, il s’agit d’être lisible pour soi et d’être efficace pour écrire au bon rythme. Tu avais du mal à l’entendre au début.

J’ai compris que ça ne servait à rien de perdre du temps à écrire comme ça car je n’allais pas garder mes cours toute ma vie, dans quelques mois ils allaient tous finir à la poubelle (rires) et que personne n’allait les voir. Donc que ça n’était pas très grave de moins s’appliquer.

C’est ça ! Ça n’est pas très grave, l’important c’est de se relire et de suivre le rythme de copie.
Tu as donc fait 2 séances. Est-ce qu’à un moment tu as été lassée par les exercices ?

Oui, les derniers. Écrire les mots en attachant toutes les lettres, c’était difficile…

Et aujourd’hui, comment te sens-tu quand tu écris?

Je me sens bien par rapport aux autres car j’écris comme eux, à la même vitesse. Des fois même je finis avant eux ! Et la je me sens un peu plus fière (sourire).

L’écriture n’est plus un problème ?

Non, plus du tout!

jeanne

 

Atelier parent: aider mon enfant à bien tenir son stylo

Vous êtes parent et vous voudriez pouvoir aider votre enfant à bien tenir son stylo… Vous voudriez pouvoir l’accompagner dans son apprentissage de l’écriture…

Je vous propose un atelier d’échanges de conseils très concrets pour que vous soyez capable d’expliquer et de transmettre à votre enfant la bonne tenue de crayon!

Lors de cet atelier d’une  heure et demie, nous échangerons autour des questions que vous vous posez sur la tenue de crayon: son importance pour bien écrire, les pré-requis à l’écriture, les activités et les exercices très concrets à proposer à votre enfant, les outils à donner (crayons, feutres, stylos..), et surtout votre rôle de modèle…Vous apprendrez vous-aussi à bien tenir votre stylo le cas échéant 😉 .

 

Prochain atelier:

samedi 30 septembre, de 14h à 15h30

 

Nombre de places limité à 8 participants. L’atelier n’accueille pas les enfants, juste leurs parents

Lieu: 17 place de l’église, Jonzac.

Tarif: 20 euros/ personne

Inscription obligatoire: contact@boucledencre.fr ou 06.86.50.06.74

 

 

Organiser un atelier « échanges de pratiques et conseils sur l’apprentissage de l’écriture »

Vous êtes enseignant, AESH et vous vous posez des questions sur l’apprentissage de l’écriture? Comment transmettre les bons gestes? Que faire pour aider un élèves en difficulté avec l’écriture?…
Je vous propose un atelier de réflexions, d’échanges de pratiques et de conseils.

Thèmes abordés:
– Pré-requis à l’écriture: motricité globale et fine, latéralité…
– La posture, la feuille, la tenue du crayon
– Le matériel adéquat (stylos, guide-doigt, cahiers…)
– Les bonnes pratiques à adopter et les erreurs à éviter

Lors de cet atelier de 3 heures, nous échangerons autour des questions que vous vous posez sur vos pratiques, vos réussites et vos doutes dans le domaine de l’écriture.

Nombre de places limité à 8 participants.
Participation: 35 euros

Vous souhaitez organiser un atelier : contact@boucledencre.fr ou 06.86.50.06.74

Témoignages:

« En recherche d’informations claires pratiques et fonctionnelles pour mes élèves en terme de position de crayon et d’écriture en général, j’ai eu la chance de « tomber » sur le site « boucle d’encre ». J’ai alors contacté Rébecca Gontier et participé à un atelier (avec des collègues qui avaient fait le trajet depuis Marmande!). Rébecca donne des informations précises, avec un matériel qu’elle fait expérimenter, et directement applicables en classe. Grâce à nos échanges, je vais modifier mes demandes à mes élèves, je vais enfin pouvoir les aider de façon bien plus éclairée (en prenant en compte leur position, la position du cahier et le format, la fameuse tenue du crayon…). L’atelier s’est déroulé dans une ambiance très sympathique et a été source de très nombreux échanges. Un grand merci à Rébecca Gontier pour son professionnalisme au service de nos élèves ». Cynthia professeur des écoles spécialisé.

« Super moment que je recommande vivement pour tous ceux et celles qui veulent bien faire auprès des enfants dont ils s’occupent . » Nadège, AESH.

« Un grand merci pour la qualité des infos que tu as partagées avec nous et cet après-midi si enrichissant ». Aurélie, professeur des écoles.

« Encore merci pour cet atelier très enrichissant! » Alexia, professeur des écoles.

« Présente samedi j’ai découvert les très riches travaux de Rebecca, je suis repartie la tête pleine d’idées, de réflexions enrichissantes, de réponses à mes nombreuses questions…je recommande et je reviendrai ….c’est certain ! Merci encore Rebecca ». Stéphanie, professeur des écoles.

Lucien, 16 ans, 1ère S

La mère de ce lycéen de 16 ans m’a contactée fin décembre car elle était inquiète: les professeurs de Lucien ne parvenaient plus à le lire et Lucien lui-même avait souvent du mal à se relire. Embêtant à quelques mois du bac français…

1ères séance le 7 janvier …Dernière séance le 1er avril…3 petits mois pour surmonter cet obstacle et partir confiant pour l’épreuve.

Pourquoi es-tu venu me voir Lucien?

Parce que je n’écrivais pas du tout lisiblement et que ça allait être problématique pour mon bac.Et puis quand j’écrivais longtemps, j’avais mal au poignet.

Quand ta mère t’a parlé de rééduquer ton écriture, comment as-tu réagi?

Je trouvais que c’était une bonne idée.

De devoir t’entraîner à la maison ne t’a pas fait peur?

Non, pas vraiment. J’étais partant.

Quels étaient tes objectifs?

Écrire mieux et ne plus avoir mal.

Si on t’avait proposé de venir me voir dès la seconde, tu aurais accepté?

Oui parce que j’en avais besoin.

En primaire, te faisait-on des remarques sur ton écriture?

Oui, on me disait que je n’écrivais pas bien.

Est-ce-qu’un professeur t’a aidé ou proposé un soutien particulier?

Non, jamais personne.

Qu’as-tu pensé des exercices que je t’ai proposés?

Je me disais que ça allait être vraiment des exercices comme quand j’étais petit et c’était ça au début. Ils étaient rapides, 5 minutes par jour alors ça allait. A la fin ,les dernières séries d’exercices c’était plus pénible parce que ça me prenait plus de temps, 10-15 minutes. Je les faisais tous les deux jours environ.

Quand as-tu vu ton écriture s’améliorer?

Après le deuxième rendez-vous ça commençait à être mieux. Et quand j’ai appliqué les conseils comme celui de pencher son cahier, je n’avais plus mal.

Au lycée, tes professeurs ont-ils souligné tes progrès en écriture?

Oui, plusieurs m’ont félicité pour mes efforts.

Te sens-tu prêt et confiant pour le bac français?

Oui. Je pense que c’est mieux l’écriture, ça n’est plus un frein. Je suis complètement satisfait.

lucien

Baptiste, 10 ans, cm1

Je rencontre Baptiste fin novembre 2016 accompagné de sa mère. Il ne sait pas trop ce qui l’attend mais il m’explique rapidement qu’il n’aime pas du tout écrire et que ça lui fait mal…

Tu te souviens de la première fois où tu es venu ?

Oui, c’était avant Noël.

Tu m’avais dit que tu avais mal quand tu écrivais. C’est toujours le cas, après 5 séances ?

Quand j’écris je n’ai plus mal. Des fois, j’ai une douleur sur le côté de la main après avoir écrit.

Après l’effort tu veux dire ?

Oui c’est ça, quand ma main arrête d’écrire. Mais ça n’est pas tout le temps.

La première fois que l’on s’est vus, tu mettais  5 sur 10 à ton écriture et tu avais pour objectif d’arriver à une note de 7 ou 8. Ton objectif est-il atteint?

Presque plus que bon ! Je lui donnerais 8 ou 9 à mon écriture aujourd’hui.

Je suis d’accord avec ça. L’objectif serait-il dépassé?

Oui !

Qu’est-ce-qu’ il te reste à travailler selon toi ?

Un petit peu la vitesse, sinon je crois que je suis assez lisible.

Ta maîtresse a remarqué tes beaux progrès ?

Les premières fois oui. Mais maintenant elle ne me dit plus rien.

Avant de venir aimais-tu écrire ?

Non. C’était comme une petite punition, pas agréable du tout. Maintenant c’est normal, c’est plus un problème. Du coup, j’ai commencé à écrire un livre. Il s’appelle « Un an dans l’espace ». Je l’avais dans ma tête depuis 2 ans au moins. J’avais le début et des fois j’y pensais.

Et qu’est-ce-qui t’empêchait d’écrire ton histoire ?

Écrire pour moi c’était un problème du coup je n’avais pas envie d’écrire mon histoire. Mais maintenant, écrire ça n’est plus trop un problème. Pour l’instant j’ai écrit deux pages.

Qu’as-tu pensé de la rééducation, des exercices ?

Au début, avant de venir te voir, je ne pensais pas que ça allait améliorer autant mon écriture. Ça m’a paru un peu long  trois mois mais ça n’était pas si compliqué que ça finalement !baptiste

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Dyspraxie: les signes d’appel en classe

La dyspraxie fait partie de ces troubles dits TSLA : “troubles spécifiques du langage et des apprentissages”. Elle peut  se repérer dès la maternelle en observant l’enfant en classe.  Le repérage fait partie des missions de tout enseignant mais celui-ci se trouve souvent bien dépourvu d’outils pour cela. Pour l’aider, voici une grille d’observations proposée par la Direction Académique des Services Départementaux de l’Éducation Nationale des Landes selon un document réalisé par Marie-Neige Dubarry (psychomotricienne) et Claudine Gay (enseignante spécialisée), Centre référent de Tarbes. Ce repérage n’est en rien un outil de diagnostic mais il permettra à l’enseignant de cibler les difficultés de l’élève afin de pouvoir l’aider.

 

Grille d'aide à l'observation d'un élève dyspraxique.jpg

 

A télécharger:Grille d’aide à l’observation d’un élève dyspraxique

Apprendre à écrire en famille

la lecture, de nombreux ouvrages peuvent guider les parents qui instruisent leur enfant à la maison mais aucun (me semble-t-il) ne traite vraiment de l’écriture. Cet article, en quelques paragraphes, saura, je l’espère, les éclairer sur cet apprentissage si riche et pourtant si méconnu.

L’écriture, un savoir-faire à transmettre:

Quelles que soient les raisons pour lesquelles on choisit d’instruire son enfant à la maison, le geste d’écriture doit être transmis de façon explicite et raisonnée. Je compare l’apprentissage de l’écriture à un de ces gestes d’artisan que chaque nouvel apprenti doit acquérir au prix d’un long et difficile entraînement. Écrire n’est pas un geste inné mais le fruit d’un apprentissage ; pas à pas, étape par étape, le geste s’ancre, se fluidifie, s’automatise pour laisser place au plaisir d’écrire.

« Pour raboter une planche, pour poser une ardoise, pour tenir un archet, il y a des comment qui sont à apprendre ». Antoine de la Garanderie.

 Vous, parents instructeurs, êtes donc les personnes qui vont accompagner votre enfant dans cet apprentissage et pour cela il est primordial que vous soyez en mesure de bien montrer ce geste, ce « comment » qui est à apprendre.

Votre enfant vous regarde tenir votre stylo…Soyez impeccable dans votre tenue de stylo!

Votre enfant regarde votre posture, la façon dont vous formez vos lettres, dont vous les enchaînez…Soyez impeccable!

Vous êtes LE MODÈLE

Pour la tenue de crayon, c’est par ici: De l’importance de la tenue du crayon

ps: je propose un atelier « tenue de crayon » pour les parents qui souhaitent l’enseigner à leur enfant; c’est par ici: atelier « aider son enfant à bien tenir son stylo »

Partir du geste pour aller vers la trace :

L’encodage kinesthésique est très important pour les enfants. Passer par le corps aide à s’approprier les tracés et à les ancrer dans notre mémoire kinesthésique. On ne met pas encore d’outil scripteur dans les mains, seul le corps enregistre le geste.

Exemples d’activités:

  • Les lettres rugueuses Montessori: sens de rotation des lettres et leur tracé (le parent montre le geste pour s’assurer du sens)
  • Tracés dans la semoule: idem
  • Le huit couché* : exercice riche pour l’encodage kinesthésique; il permet de travailler la fluidité d’écriture, l’automatisation du geste, le sens d’écriture, la mobilité des doigts, la discrimination des lettres proches, la continuité du tracé, etc.
  • Le ruban de gym: délier l’épaule, sens de rotation des lettres.
  • Le Brain Gym*: ces mouvements ciblés permettent aux deux hémisphères cérébraux de travailler simultanément pour améliorer la capacité  d’apprendre du cerveau; ils aident  à l’apprentissage, à l’organisation et à la concentration.

Bouger les doigts:

C’est essentiel! Lorsqu’on écrit, ce sont les doigts qui bougent, pas le poignet.

Vous proposerez à votre enfant quotidiennement et en toute occasion des petits jeux de doigts pour développer son habileté manuelle et ainsi préparer la main à la tenue de crayon.

La gym des doigts* peut se faire de façon amusante et complice en utilisant des petits accessoires comme les Finger eyes, les monstres au doigt, les boules en bois, la baguette chinoise, etc…511hLULR2sL._SY355_

A vous de laisser place à votre imagination et à celle de votre enfant pour inventer de nouveaux jeux!

++

vidéo: faire bouger les doigts avec les « ++ »

Lier apprentissage de la lecture et de l’écriture :

Certains enfants s’intéressent à l’écriture avant la lecture,d’autres apprennent à lire en même temps qu’ils apprennent à écrire. D’autres, enfin, préfèreront apprendre à lire avant de se lancer sur le papier. Peu importe puisque l’intérêt de l’instruction en famille est de laisser l’enfant apprendre à son rythme. Pour autant, apprendre à écrire demande une progression logique. Le tracé des lettres ne s’improvise pas, tout comme leur ordre d’apprentissage et leur enchaînement.

Que faire si son enfant demande à écrire avant de savoir lire?

On lui proposera de le faire avec des solutions d’attente et on lui expliquera pourquoi.

Voici quelques suggestions: 

  • les lettres mobiles (les Alphas par exemple),
  • sur un cahier, des lettres à coller en suivant le sens de l’écriture (gauche à droite) et bien alignées,
  • au tableau ou sur l’ardoise, écrire en majuscules d’imprimerie.

En amont, on aura préparé les doigts à tenir le crayon et on aura vu le sens de rotation des lettres.

Puis on pourra tranquillement commencer à apprendre à tracer les lettres, selon une progression logique:

  • boucles: e,l
  • pointes: i, u, t
  • lettres rondes: c, a, o, d, g,q
  • ponts: m, n
  • toutes les autres lettres

Au fur et à mesure de ses avancées, il sera possible à votre enfant d’écrire ses premiers mots en attaché: le, elle, lui, lit, lulu, etc.

Quel outil scripteur proposer?

Le crayon à papier sera le meilleur allié de votre enfant dans ses premiers pas vers l’écriture: parce qu’il peut se gommer et effacer les « faux-pas », il rassure.

Vous le choisirez de préférence triangulaire pour une prise en main plus confortable et pas trop gros pour les petits doigts. Cette remarque s’applique pour tous les outils scripteurs: évitez les gros feutres, les gros crayons qui sont difficiles à bien manier.

J’aime les Groove Slim de chez Lyra et les Graphite Grip de chez Faber Castell.

Lorsque l’enfant se sentira plus à l’aise, il pourra choisir un stylo, à encre de préférence (roller, stylo-plume).

Pour aller plus loin: Dis-moi quel stylo choisir!

Quels supports?

Partir de supports grand format pour aller vers des plus petits.

  • Un tableau craie, pour varier entre support vertical et horizontal et pour l’encodage kinesthésique. Les enfants aiment ce support en général.
  • Des feuilles A3, blanches pour les grands tracés qui libèrent le geste.
  • Des feuilles A4.
  • Des petits cahiers avec un lignage seyès de deux couleurs: la ligne de base est d’une couleur différente. Cela permet un meilleur repérage visuel. On commencera avec du 3 mm, pour aller progressivement au 2 mm, selon le rythme de l’enfant. Pour le lignage, on peut apprendre à tracer les lettres de base (boucles, pointes, lettres rondes, ponts) avec juste une ligne d’écriture (sur du A4). Puis, quand le tracé est acquis, le lignage (seyès 3mm) sera proposé et bien expliqué: repérage de chaque interligne par des frises* et travail sur la hauteur des lettres (soyez au point à ce niveau).

Quelle posture?

  • le corps: installez  votre enfant à une table ajustée à sa hauteur, avec un plateau incliné (à 10° minimum et 20° maximum),ses pieds reposent par terre ou sur un marche pied, le dos est droit.file_105_12
  • la feuille: elle doit être légèrement inclinée contrairement à ce que l’on croit, l’avant-bras parallèle au bord de la feuille, la main sous la ligne d’écriture

 

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    posture pour un droitier

     

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    posture pour un gaucher

Comment enchaîner les lettres?

Concernant l’enchaînement des lettres, le principe est simple: attacher toutes les lettres entre elles en ne levant pas le crayon, sauf devant les lettres rondes! C’est à ce prix que l’écriture deviendra fluide, gage de rapidité et de lisibilité.

Besoin d’une remise à niveau? De conseils?

 Pour les parents qui le souhaitent, vous pouvez organiser chez vous un après-midi avec d’autres parents autour du geste d’écriture; je me déplacerai pour venir à votre rencontre et proposer un atelier. Ce moment d’échanges convivial permet de se remettre à niveau côté écriture pour être sûr de faire les bons gestes (tenue de crayon, tracés des lettres, posture…) et d’échanger sur vos pratiques afin d’accompagner au mieux les enfants dans leurs apprentissages. N’hésitez-pas à me contacter pour en discuter!

*Pour aller plus loin:

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L’adulte et l’écriture

S’il n’y a pas d’âge pour réapprendre à écrire, il n’y a pas d’âge non plus pour souffrir en écrivant! Souffrance psychologique quand la gêne reste taboue et très mal vécue; souffrance physique, quand les douleurs remontent des doigts jusqu’au cou.

L’adulte touché par les troubles de l’écriture n’est pas rare. Je reçois parfois des appels de mères qui souhaitent prendre rendez-vous pour leur enfant, un grand enfant, pas loin de la trentaine: « il a honte d’écrire devant les gens, ça l’a toujours gêné et maintenant qu’il est adulte ça devient un vrai problème dans sa vie professionnelle ». Comment écrire sans gêne devant les autres quand son écriture est enfantine, tremblotante? Comment parvenir à rendre des copies lisibles quand on ne parvient plus à se relire soi-même? Comment préparer une reconversion professionnelle quand il faut écrire vite et beaucoup et qu’on en a perdu l’habitude?

Dans ces adultes en souffrance avec l’écriture, il y a ceux qui le sont depuis longtemps; à l’école déjà, les professeurs leur faisaient des remarques sur le soin, leur lenteur de copie, leurs tracés malhabiles; plus tard, au collège, au lycée, ces mêmes professeurs leur ont fait comprendre qu’ils seraient plus à l’aise derrière une machine, peu importe laquelle, que devant une feuille. Et petit à petit, l’oiseau de la confiance en soi s’est envolé. Leur a-t-on seulement bien appris à écrire?…

Quand on sait que l’aspect psychologique joue un très grand rôle dans le geste d’écriture, on imagine les dégâts causés par tant d’années de mise en échec face à l’écrit!

Parmi ces adultes qui souffrent en écrivant, il y a également ceux qui développent une crampe de l’écrivain. Ils écrivaient sans trop de mal et puis un jour… Ce type de dystonie survient en général sans prévenir chez ceux qui écrivent beaucoup et ceux qui ont beaucoup écrit (étudiants, professeurs, médecins, comptables…). Ses origines sont encore mal cernées mais les conséquences sur la vie d’adulte sont particulièrement invalidantes au quotidien: impossibilité d’écrire sans douleur, de façon lisible, difficultés à contrôler son stylo au cours de l’écriture, comme si la main, les doigts ne répondaient plus aux ordres du cerveau. L’écriture se dégrade sous l’effet de contractions musculaires involontaires qui surviennent à l’occasion du mouvement volontaire d’écrire.

Dans tous les cas, défaut d’apprentissage, dysgraphie, dystonie, la rééducation peut apporter une amélioration de l’écriture. Motivé, l’adulte applique une auto-rééducation quotidienne grâce aux conseils du rééducateur. Il restaure son geste et reprend peu à peu confiance en son écriture et en lui.

Sur ce sujet, témoignage d’Emmanuel: « J’avais honte d’écrire devant mes élèves », témoignage d’un professeur des écoles.

 

 

La crampe de l’écrivain

Crampe de l’écrivain, une pathologie invalidante au quotidien

Quezaco ?

La crampe de l’écrivain est une forme de dystonie de fonction qui touche les muscles du poignet et des doigts.

Quels symptômes ?

Alors que la personne écrivait jusqu’alors sans problème, surviennent tout à coup des difficultés à contrôler le crayon ainsi que des douleurs (poignet, coude, épaule, cou). Cette pathologie perturbe  grandement l’écriture  et a des conséquences psychologiques importantes sur la personne pour qui le geste d’écriture devient une réelle épreuve physique. L’écriture est maladroite, douloureuse et la trace écrite est peu lisible voire illisible.

Qui en souffre ?

L’âge semble être un facteur important.

  • Les jeunes élèves:  une sensibilité génétique pourrait alors être en cause.
  • Les étudiants et les retraités: ce pourrait être la conséquence d’une sur-utilisation de l’écriture chez des personnes ayant développé des mauvaises habitudes gestuelles.

Il y aurait un lien entre la crampe de l’écrivain et la quantité d’écriture. Parmi les professions les plus touchées on rencontre les enseignants, les médecins et les comptables.

Dans certains cas (15 à 20 %), un traumatisme corporel ou psycho­logique peut être à l’origine de la dystonie.

Comment la diagnostiquer ?

Les neurologues sont les mieux placés pour dépister une crampe de l’écrivain.

Comment la soulager ?

On ne guérit pas d’une crampe de l’écrivain; des rémissions spontanées dans les premières années ne sont pas rares ainsi que les rechutes par la suite.

  • Les traitements médicamenteux: il n’existe aucun remède spécifique à la dystonie mais certains médicaments des classes thérapeutiques suivantes peuvent agir sur les symptômes comme les benzodiazépines, les myorelaxants, les antidouleurs et les antiépileptiques. La réponse aux médicaments varie d’une personne à l’autre,
  • Les injections de toxine botulique: la toxine botulique est une neurotoxine qui bloque l’influx nerveux entre le nerf et le muscle, entraînant ainsi une diminution de la force musculaire. On pratique ces injections à intervalles réguliers, dans le muscle atteint qui travaille trop. La toxine le paralyse temporairement (pendant environ 3 mois). Le produit agit efficacement sur la conséquence de la maladie mais pas sur sa cause. Ces injections sont pratiquées par un spécialiste (neurologue, ophtalmologue, ORL), dans des centres spécialisés. Il existe plus d’une centaine de centres dans toute la France, avec comme centre de référence l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
  • La kinésithérapie: elle vient compléter les injections de toxine botulique. Ce travail avec le kinésithérapeute s’inscrit dans la durée et des exercices d’auto-rééducation sont à faire à la maison.La personne doit effectuer des exercices quotidiennement au risque de voir les progrès s’effacer rapidement (les muscles correcteurs doivent être mobilisés tous les jours). La relaxation et la sophrologie viennent compléter cette rééducation très spécifique*.

 

Et la rééducation de l’écriture? 

Sans se substituer aux autres aides spécifiques précédemment vues, la rééducation de l’écriture peut apporter un soulagement aux personnes atteintes de crampe de l’écrivain.

Basée sur des exercices destinés à contrôler le geste, à délier les doigts, à dissocier les muscles en jeu dans l’acte d’écrire, elle est capable de rendre l’écriture plus lisible et moins douloureuse. La personne doit également effectuer des exercices au quotidien, tout comme pour la kinésithérapie**.

*Lors de ma formation de rééducatrice de l’écriture, j’ai eu la chance d’assister à une intervention de Mr Bleton, kinésithérapeute spécialiste de la crampe de l’écrivain. Il reçoit à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, Fondation ophtalmo Rothschild, unité James Parkinson.

**Rééducation de l’écriture: la méthode